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Programme du séminaire 2014-2015

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Mercredi 28 janvier 2015

  • Luc Biichlé, Université d’Avignon, ICTT 
Contrairement aux représentations communes d’un phénomène marginal ou réservé aux familles migrantes, le bilinguisme est une situation assez fréquente dans notre société. Dans cette communication basée sur l’observation de 7 familles mixtes, je propose d’analyser et de commenter :

- le rôle de l’input et, plus particulièrement, celui du réseau social, famille, groupe de pairs, école, etc. ;
- les stratégies linguistiques des parents ;
- l’impact des représentations des parents sur les pratiques familiales plurilingues ;
- les pratiques de ces familles mixtes en regard de celles des familles migrantes ;
- les ressorts identitaires qui motivent la transmission de la langue étrangère.

 Plus globalement, je propose de (re)situer les phénomènes liés au plurilinguisme dans une société qui évolue vers une plus grande pluralité.

 

  • Júlia Llompart, Universitat Autònoma de Barcelona, GREIP :
 
Les établissements éducatifs de Barcelone sont aujourd'hui multilingues et multiculturels (Corona, Nussbaum et Unamuno 2012) et certains présentent un haut pourcentage de population d'origine immigrée (parfois plus d’un 90%). Cette réalité sociolinguistique, insérée dans le paradigme de la super-diversité (Vertovec 2007 ; Blommaert et Rampton 2011), entraine des changements dans les pratiques langagières et les dynamiques de transmission des langues. Les résultats d’une étude ethnographique dans ce domaine montrent la bidirectionnalité de la transmission des langues (celles des parents sont transmises aux enfants, tandis les enfants sont responsables de la transmission des langues locales à leurs parents). Par ailleurs, les enfants et jeunes adultes de première, 1.5 et deuxième génération d'immigrants acquièrent un rôle essentiel dans la communication entre les parents (spécialement les mères) et d'autres membres de la société : ils et elles deviennent les traducteurs et interprètes (language brokers, en termes de Tse, 1996) pour leurs familles, les membres de leur famille élargie, les enseignants et d'autres adultes. Dans ma présentation, je discuterai ces phénomènes et j’analyserai aussi les catégorisations que les filles réalisent concernant les compétences de leurs mères, ainsi que les auto-catégorisations de celles-ci par rapport à leur maitrise des langues locales. 

 

Mercredi 25 février 2015 

  • Martine Marquillo Larruy, Professeur des universités en sciences du langage, Université Lyon 2

La première partie de cet exposé rendra compte de la spécificité du contexte sociolinguistique de l’Andorre et de l’originalité de l’école plurilingue andorrane. On s’intéressera ensuite à une expérience qui avait pour objectif de mettre en évidence les manières de faire des élèves face à une tâche inhabituelle de compréhension écrite (traduire des recettes du malaisien au catalan), tâche qui sollicitait les compétences d’intercompréhension et de transfert des élèves.

 

Mercredi 18 mars 2015

Séance du séminaire ELSE organisée en partenariat avec le CASNAV de l'académie de Lyon, dans le cadre des conférences du CASNAV "Le parcours migratoire de l'enfant allophone"

 

  • Pierre Escudé, professeur des Universités en didactiques des langues ESPE d'Aquitaine, Université de Bordeaux, laboratoire LACES - EADL

L'intercompréhension intégrée : comment apprendre à l'école par les langues ?

A l'école, tout se construit en langue. Les élèves sont eux-mêmes traversés de langues. Parfois, et souvent, ce ne sont pas les mêmes que la langue de scolarisation ou les langues apprises. L'intercompréhension intégrée permet de transférer des compétences langagières vers des langues de même famille, ou plus éloignées, sur des supports disciplinaires et scolaires. Au travers de l'expérience du programme de Euromania, nous traiterons des différents enjeux d'un tel apprentissage : cognitif, langagier, métalangagier, comportemental.

 

 Mercredi 29 avril 2015

  • Saulge Taty, enseignant en UPE2A, académie de Lyon
Enseigner en UPE2A* : Qu’en est-il de ma pratique une année après réflexion ? Retour sur un travail de recherche mené au cours de l’année 2013-2014 en master 2 Sciences du Langage focalisé sur une approche didactique renouvelée du Français Langue de Scolarisation  Diaporama
*unité pédagogique pour élèves allophones arrivants

De la langue d’origine à la langue française : bâtir un pont entre deux rives, seconde partie du titre du mémoire de recherche que j’ai entrepris l’année dernière, est manifeste  de l’intérêt porté à la langue d’origine d’élèves non-francophones dans leur acquisition de la langue française particulièrement à l’école élémentaire. Cependant, ce travail universitaire ne s’arrête pas à une simple réflexion sur le profit de la langue d’origine des EANA - élèves allophones nouvellement arrivés -, dans l’apprentissage du français. Dans une démarche de recherche-action, la problématique dégagée se veut principalement un (re)questionnement sur ma propre pratique enseignante au sein de ces dispositifs spécifiques de l’Education nationale, depuis une demi-douzaine d’années, en replaçant les élèves-acteurs au cœur des apprentissages.                                                  

Ce séminaire ELSE donne ainsi l’occasion de présenter ce dispositif spécifique d’accueil des élèves allophones, d’exposer mon travail de recherche didactique effectué, l’an passé, autour d’activités d’oral au sein de ma classe UPE2A dans une école élémentaire de l’ouest-lyonnais  puis, un peu moins d’une année passée, de m’interroger sur ce qui reste de cet élan réflexif dans ma pratique actuelle.

 

Mercredi 20 mai 2015

  • Colette Grinevald, Professeur émérite de l'université Lyon 2, DDL & Israel Zelaya, Doctorant de Buskerud and Vestfold University College, Norway

Le rama est une langue en très grand danger d'extinction et l'objet d'un projet de description-documentation-revitalisation depuis les années 80 et aujourd'hui basé au laboratoire Dynamique Du Langage. Dans cette situation considérée comme un cas de langue "postvernaculaire" l'équipe du "projet de langue rama" accompagne la communauté rama dans diverses activités de revalorisation de la langue. La présentation se déroulera en deux temps pour décrire deux projets d'enseignement du rama, d'une part une expérience de niche linguistique dans une communauté isolée, mais là où résident les derniers locuteurs (présentée par Israel Zelaya), ensuite celle de l'enseignement du rama en milieu plus urbain et avec l'aide de nouvelles technologies (Colette Grinevald). 

 

  • Alejandra Vergara, Doctorante de l'université Lyon 2, Icar 

 Enjeux de la création lexicale en contexte de revitalisation linguistique : une approche didactique impliquée

La situation sociolinguistique du Chili, historiquement marquée par un processus de glottophagie (Calvet, 1999), place actuellement le mapudungun parmi les langues originaires minorisées de cet Etat-Nation officiellement monolingue (espagnol). Le statut de cette langue et l'abandon progressif de sa transmission intergénérationnelle posent ainsi la question de sa « revitalisation » (Hinton & Hale, 2001) au sein de mouvements politiques de «ré-ethnification » (Catrileo, 2005). Cette communication se fonde sur une recherche ethnographique et collaborative au long cours qui porte, dans ce contexte, sur des situations d'enseignement/apprentissage du mapudungun en direction d'un public adulte et urbain. Je me concentrerai ici sur une expérience d'immersion linguistique vécue par ce public d'apprenants dans une communauté rurale avec des « locuteurs traditionnels » (Grinevald & Bert, 2010). À partir des données filmées pendant ces séances d'immersion linguistique, j'analyserai des séquences interactionnelles centrées sur des activités de création lexicale. Il s'agira de les appréhender d'un point de vue sociolinguistique et interactionnel pour envisager leur intérêt didactique, spécialement rapporté à la construction d'un cadre « didactique des langues originaires » (Perez, 2012). Les analyses des extraits vidéo sélectionnés permettront, d'une part, d'apporter un éclairage sur ces situations spécifiques qui contribuent à la construction interactive de connaissances lexicales sur/de cette langue à travers les échanges intergénérationnels et la réflexion métalinguistique. Elles s'attacheront, d'autres part, à mettre en lumière les enjeux idéologiques sous-jacents dans les débats sur la rénovation lexicale dans ce contexte. 

 Références

Cabré, Mª T. 2002. « Terminología y normalización lingüística ». In Jornadas EHU: LEIOA Terminología y lenguajes de especialidad Euskara Institutua. País Vasco: EHU-LEIOAKO CAMPUSA.
Calvet (1999), L-J. 1999. Pour une écologie des langues du monde. Paris: PLON.
Catrileo, M. (2005). « Revitalización de la lengua mapuche en Chile ». Documentos Lingüísticos y Literarios 28, p.10-17.
Chiodi, F. et Loncon, E. 1995. Por una nueva política del lenguaje. Temas y estrategias del desarrollo lingüístico del mapudungun. Temuco: Universidad de La Frontera / Pehuén.
Grinevald, C. & Bert, M. 2010. « Proposition de typologie des locuteurs de LED », Linguistique de terrain sur langues en danger: Locuteurs et linguistes, 35/36, p. 117-132.
Hinton, L. et Hale, K. (éds.). 2001. The Green Book of Language Revitalization Practice. San Diego: AcademicPress.
Pérez, S. 2012. « Vers une didactique des langues originaires du Mexique ». Revue Synergies Pays Riverains du Mékong, nº4, pp.67-79.

 

 Mercredi 17 juin 2015

  • Marine Santos, Professeur des écoles en CP, école Max Barel, Circonscription Vénissieux Nord

Regards croisés sur la construction langagière et la construction identitaire d'élèves grandissant dans un environnement plurilingue et pluriculturel : de la théorie à la pratique enseignante


Les recherches menées l'an passé (dans le cadre du mémoire de Master 2 MEEF de formation d'enseignants) sur le langage et le bilinguisme m'ont amenée à formuler une problématique sur le rôle des interactions dans le processus de construction langagière et d'une identité d'élève bilingue à l'école maternelle. En deux ans de travaux de recherche, j'ai pu constater que le langage d'un individu bilingue se construit conjointement entre deux langues et deux cultures. Nous parlons bien ici de langage et non de langue, distinction que j'ai appris à faire grâce à ces recherches. La recherche et la réflexion que j'ai pu avoir au cours des deux ans de rédaction du mémoire se sont basées sur des publics différents, élèves en UPE2A, élèves de petite section ou encore adultes bilingues et plurilingues.
La rédaction s'est arrêtée mais les idées et réflexions ont continué de mûrir. L’arrêt de la rédaction est en réalité une façon de s'ouvrir sur d'autres champs, pour se détacher d'un sujet et d'un angle de vue. C'est ainsi que j'ai pu transférer un bagage de recherches, réflexions et connaissances à ma pratique enseignante auprès d'élèves de CP issus majoritairement (19 élèves sur 23)de l'immigration, dont 8 d'entre-eux parlent une langue différente à l'école qu'à la maison.
Lors de ce séminaire, je vais pouvoir présenter brièvement mes recherches et surtout faire une photographie de l'état de ma réflexion un an après et vous montrer en quoi elle influe sur ma pratique enseignante quotidienne. Je vous présenterai quelques dispositifs mis en place avec mes élèves pour favoriser les langues maternelles ainsi que mon aménagement du protocole de lecture proposé par la circonscription.
 
  • Violaine Bigot, Maître de conférences, Université Paris 3, Laboratoire DILTEC : 
 
 
Nous proposons de réfléchir ensemble aux relations entre socialisation scolaire et apprentissage de la langue, dans le cas particulier de la scolarisation des EANA.
Communiquer est une condition nécessaire pour apprendre une langue étrangère.  La socialisation scolaire, qui offre aux EANA de multiples occasions de communiquer en langue cible, est donc généralement considérée comme un cadre propice au développement de leur compétence langagière. Mais la communication n’est pas une condition suffisante pour qu’il y ait apprentissage. Beaucoup d’études ont cherché à identifier ce qui rendait une situation communicative plus ou moins propice au développement de la compétence langagière. La dimension socialisatrice des échanges,  qui est à la fois donnée par le contexte (la réalisation d’une tâche par exemple)  mais aussi co-construite par les participants (la manière dont ils s’engagent dans l’interaction) permet de repenser de manière globale la question des « conditions » pour que les situations de communication dans lesquelles s’engagent les élèves soient porteuses d’apprentissages langagiers.
Nous reviendrons brièvement sur les rapprochements et distinctions qui ont pu être faits entre FLE, FLM, FLS, FLP, FLSco pour nous interroger sur l’intérêt qu’il peut y avoir, au dela du jeu de mot-valise, à développer le sigle FLSco en Français langue de scocialisation. Nous regarderons quelques extraits d’interaction enregistrés dans des classes ordinaires incluant des élèves (plus ou moins nouvellement) arrivés. Nous nous demanderons comment se joue, dans ces extraits, l’intrication entre socialisation et développement de la compétence langagière des élèves EANA.
 

 

 

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