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Programme du séminaire 2015-2016

 

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Mercredi 29 juin 2016

  • Isabelle Aladaye, doctorante, université Lyon 2, Laboratoire ICAR 

« Regards sur l'expérimentation des classes bilingues français/fon à l'école primaire au Bénin à travers le projet ELAN (Ecoles et LAngues Nationales) »

La question de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif en Afrique généralement et au Bénin en particulier préoccupe beaucoup de chercheurs. Le Bénin compte plus d’une cinquantaine de  langues nationales, cette situation de plurilinguisme a un impact sur l’apprentissage du français (langue de scolarisation) dans les écoles (Tchitchi, et al. 2010). Depuis la rentrée 2013, le Bénin a choisi d’introduire à l’école 10 langues nationales sur l’ensemble du territoire, dans le cadre du projet École et Langues Nationales (ELAN) qui concerne aussi d’autres pays d’Afrique francophone. Nous présenterons tout d’abord la situation sociolinguistique du pays et l’évolution des politiques linguistiques d’éducation pour comprendre le contexte de la mise en œuvre de cette expérimentation. Notre recherche s’intéresse à l’introduction du fon comme langue d’apprentissage conjointement au français, dans les trois premières classes de l’enseignement élémentaire. Nous présenterons le contexte de notre terrain et les premières observations effectuées, nous verrons notamment comment cohabitent les deux langues au sein des classes (tableaux, affichages), et comment elles sont utilisées lors du déroulement des leçons.

 

Mercredi 26 mai 2016 

  • Sophie Alby, université de Guyane ESPE

« Multilinguisme et plurilinguisme à l'école en Guyane »

Cette présentation sera l'occasion de découvrir un contexte bien spécifique, celui de la Guyane française, où pour une population de 250 000 habitants se côtoient plus d'une quarantaine de langues parlées par les élève. Ces langues présentent en outre la caractéristique d'appartenir à des familles linguistiques très différentes les unes des autres (trois familles de langues amérindiennes, des langues créoles à base lexicale française et anglaise, des langues romanes, germaniques, etc.). En outre, de nombreux enfants issus ou non de l'immigration ne sont pas francophones à leur arrivée à l'école, ils découvrent ainsi cette langue dans le contexte scolaire et bien souvent ne sont confrontés à celle-ci que dans ce cadre spécifique. Le multilinguisme et le plurilinguisme constituent donc des enjeux majeurs pour le système éducatif guyanais. Celui-ci répond aux même règles, aux mêmes programmes que dans l'hexagone, et rien dans les textes ne prévoit d'adaptation à ce contexte. Le traitement de cette question de l'allophonie et du plurilinguisme des élèves a longtemps été axé uniquement sur la mise en place de dispositifs compensatoires. Cependant, depuis plus d'une dizaine d'années, des dispositifs spécifiques ont vu le jour sous la forme de bilinguisme de transition (dispositif des intervenants en langues maternelles), de bilinguisme à parité horaire (classes bilingues français-créole guyanais) mais en laissant de côté de nombreuses langues et en créant des inégalités scolaires. Ces différents aspects seront développés ainsi que la potentialité de la mise en oeuvre de nouvelles approches dans le domaine de la didactique du plurilinguisme qui ont fait l'objet d'approches expérimentales dans le département.

 

Mercredi 27 avril 2016

  • Emilie Georget, directrice de l’association La caravane des dix mots
    & Thierry Auzer, président de l’association La caravane des dix mots et fondateur du projet


« La Caravane des dix mots : détour artistique pour aborder la langue française, détour francophone pour aborder la diversité culturelle »

La caravane des dix mots est un projet artistique et linguistique sur le partage de la langue française et la francophonie qui va « à la pêche au sens des mots, au delà de leur propre définition, pour montrer la richesse et la diversité que tout être humain porte en lui ». Les francophones partagent une langue qui leur permet d’aller à la rencontre de l’autre et de prendre conscience de la diversité culturelle et linguistique, notamment du fait du plurilinguisme des locuteurs de français. La démarche artistique de la Caravane des dix mots est partagée par des acteurs culturels et éducatifs dans le monde entier pour donner accès à l’expression artistique et décomplexer l’approche de la langue (action culturelle, accueil des personnes allophones, lutte contre l’illettrisme, enseignement du français).
 
Riche de cette expérience de projet de coopération culturelle, La caravane des dix mots a développé des outils de sensibilisation à la diversité culturelle et à la francophonie à l’intention des professionnels de l’éducation, formelle et informelle, en France et à l’étranger, en contexte de français langue première, langue seconde/langue d’enseignement ou encore langue étrangère. Aborder la diversité culturelle via le prisme linguistique permet effectivement de valoriser la langue comme lien pour déconstruire les représentations stéréotypées vectrices de discriminations. La caravane des dix mots vient partager son expérience d’action culturelle autour de la langue et d’expérimentations d’outils pédagogiques participatifs en France (CM1-4e) et en Arménie. www.caravanedesdixmots.com

 

Mercredi 16 mars 2016

 Ce séminaire a été organisé en association avec le pôle "Allophones" de la DSDEN du Rhône.

  • Jackie Planeix et Tom Crocker, Directeurs de la Compagnie Bluepalm: Art Culture Education (ACE)

« L’art au centre du développement linguistique : une expérience made in California »

Issus de l’école et la compagnie de Maurice Béjart, Jackie Planeix et Tom Crocker dirigent Bluepalm, une compagnie française et américaine qui a pour mission d’employer les ressources des disciplines artistiques afin de développer des cultures de communication et de créativité. Dans le domaine de l’éducation artistique, Bluepalm s’intéresse tout particulièrement au développement linguistique d’enfants allophones par le biais de la danse et du théâtre. Dans le district de Montebello, en Californie, Jackie Planeix et Tom Crocker ont créé un programe innovant pour les classes de grades K-2 (grande section de Maternelle au CE1) qui a profondément transformé à la fois les pratiques pédagogiques des enseignants et le rôle des arts à l’école. Ils témoigneront de ce programme ainsi que des questions de plurilinguisme, interdisciplinarité, intégration et égalité d’accès à la culture dont il découle.

Bluepalm online http://bluepalminfo.org/

 


Mercredi 13 janvier 2016

  • Evangélia Moussouri, Professeure Assistante, Université Aristote de Thessalonique en Grèce

Approches plurielles et appropriations langagières dans l’enseignement préscolaire et élémentaire en Grèce

La notion de plurilinguisme se trouve actuellement au centre des intérêts des chercheurs, des praticiens et des décideurs des politiques linguistiques. La prise en compte de la compétence plurilingue mais aussi le développement du répertoire communicatif plurilingue de chaque individu contribuent à l’acceptation de l’Autre, de la diversité linguistique et culturelle et favorisent une éducation plurilingue inclusive.

En nous inscrivant dans cette lignée, nous avons mis en place depuis octobre 2014 des séances basées sur les approches plurielles du CARAP (Cadre de Référence pour les Approches Plurielles) dans des écoles maternelles et élémentaires de l’agglomération de Thessalonique en Grèce.

Notre objectif est dans un premier temps de tester l’impact des approches plurielles auprès des apprenants et des enseignants dans le système éducatif grec. Dans un deuxième temps, nous souhaitons explorer les moyens qui nous permettront d’intégrer ce type d’approches dans les établissements scolaires en Grèce. 

Lors de notre exposé, nous présenterons des interventions d’éveil aux langues et de didactique intégrée extraites de nos interventions auprès des écoles de notre terrain. L’analyse des données recueillies lors de ces séances nous informe des stratégies adoptées par les apprenants relatives au recours à leur répertoire plurilingue pour l’appropriation d’une langue étrangère. Par ailleurs, nous démontrerons comment les activités proposées parviennent à sensibiliser les apprenants à la diversité linguistique et culturelle et à influer sur leurs représentations langagières ainsi que sur le développement de leur compétence plurilingue.

 

  • Priyobroto SHOO, Doctorant, Université de Pondicherry en Inde 

La diversité en Inde : sa linguistique, son éducation et le français

L’Inde est un pays vaste en termes de distance physique aussi bien que par sa population. Cette superficie et cette masse apportent à ce pays une diversité non comparable aux autres pays du monde au niveau de sa linguistique, de sa culture et de son éducation. Nous verrons dans cette présentation les différentes politiques qui se sont jouées dans son histoire et qui se jouent actuellement, et comment elles ont changé et influencé les différents systèmes de l’éducation en Inde. Nous verrons aussi dans ce même contexte quel est le statut de la langue française dans ce pays qui est plurilingue et anglophone à sa base. Nous terminerons par les défis auxquels un apprenant de FLE fait face en Inde.

 

Mercredi 14 octobre 2015

  • Patrick Awondo, Post-doctorant ENS-Ifé, enseignant à l’Université de Yaoundé 1 Faculté des sciences de l’éducation, Cameroun


« L’anglais c’est le choix de l’avenir » : à propos du choix des familles de scolariser leurs enfants dans des écoles anglophones dans la ville de Yaoundé au Cameroun


A partir d’observations et d’entretiens menés au sein de 6 familles à Yaoundé, cette communication interroge le choix fait par certains parents francophones de scolariser leurs enfants dans des établissements primaires et secondaires anglophones. Si la situation de bilinguisme officiel du Cameroun (français et anglais), héritée de la colonisation explique en partie ce choix, le boom relativement nouveau de celui-ci, ainsi que la multiplication récente des établissements privés anglophones méritent d’être analysés même s’il n’y a pas de statistiques réelles qui appuient de tels constats. En tablant sur des échanges avec certains parents d’une part et quelques articles de presse commentant « le choix de l’anglais » à Yaoundé d’autre part, je discuterai trois points : tout d’abord, la reprise en main par les familles de la promesse politique d’un réel bilinguisme pour leurs enfants, exprimée à travers l’argument de  « l’échec de l’école publique à faire parler anglais aux enfants » ; j’aborderai ensuite l’enjeu de l’anglais comme « langue globalisée » permettant aux parents de « préparer leurs enfants à affronter le monde » en référence  au caractère incontournable de l’anglais dans le projet migratoire, ou du marché du travail. Enfin, je m’attarderai sur l’idée d’un défi linguistique camerounais  exprimé par le dilemme du « choix de l’anglais »  dans un contexte plurilingue où cohabitent plus de 200 langues nationales avec des langues officielles. Les parents semblent faire un choix sous la forme d’un triple défi : introduire leurs enfants à une langue d’ « utilité globale » (l’anglais), pouvoir échanger au quotidien dans la langue la plus parlée du pays (le français), et parfois conserver ou pas une identité à travers les langues nationales en recul par rapport aux deux langues officielles.

 
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